Accès aux soins en milieu rural – que faut-il changer ?

Notre canton chevauche en partie la circonscription du Député Thomas Gassilloud, lequel a organisé jeudi soir un ‘grand débat citoyen’ sur le thème de l’accès aux soins en milieu rural.

Vous savez que ce sujet nous tient à coeur, avec notamment la menace qui pèse sur le Centre médical de l’Argentière et sur le Centre Périnatal de l’Arbresle, ces deux étant des structures de proximité importantes pour la population des Monts de Lyonnais.

Après un accueil par M. le Maire en introduction, le Député Gassilloud a prononcé quelques paroles liminaires et présenté un clip d’Agnès Buzyn, Ministre de la Santé, qui a dit tout son attachement à un égal accès aux soins pour nos concitoyens. Mais est-ce que ses paroles sont suivies des faits ?

Un clip ‘photo’ de la desserte (du désert ?) sanitaire de la circonscription montre qu’il y a des villages à l’abandon médicalement parlant, et qu’il est parfois nécessaire de descendre à Lyon pour voir notamment les spécialistes. Des interventions depuis la salle en cours de soirée ont alerté que la situation allait surement s’empirer, en raison du numerus clausus et de la pyramide des âges.

Evidemment avec la présence de JY Grall, Directeur Général de l’Agence Régionale de la Santé à l’estrade, Sheila n’a pas hésité à aborder la situation du CPN de l’Arbresle, dont la fermeture des lits d’hébergement est programmée pour août 2019 (annoncée cette semaine).

Vous pouvez bien sûr tout regarder, mais cet échange a lieu vers 1h20

 

Tout d’abord, vous remarquerez que face à une question sur le déni de la démocratie, que malgré le soutien (qu’il connait) de tous les élus locaux et de la population pour la position que défendait Sheila, un fonctionnaire de l’Etat, le Préfet Régional de la Santé si vous voulez, se permet de se comporter en donneur de leçons à leur représentative. C’est insupportable.

Sur le fond, aucune réponse, sinon ‘vous ne rentrez pas dans les clous’. Très bien, bougeons les clous.

« Vous avez eu de la chance d’avoir continué si longtemps ». Faut-il dire merci ? Non, nous avons toujours demandé une évaluation de l’expérimentation que l’ARS a approuvée et jamais retirée.

« Si tout le monde s’affranchit de tout quand ça l’arrange cela ne va pas », dit-il,  comme si les Administrateurs de l’hôpital étaient des hors la loi irresponsables. Pour siéger au Conseil d’Administration nous pouvons vous assurer du contraire.  Il dit que l’hébergement n’est pas sécurisé, nous ne savons pas d’où ça sort. Ce qui ne sera pas sécurisé à partir de septembre 2019, si les lits ferment, c’est l’accouchement inopiné, le prématuré, la personne non véhiculée pour qui on n’a pas assez de pompiers volontaires pour l’acheminer à la maternité.

Nous l’avons déjà dit, on tend trop à réfléchir en termes de soins et non en termes de prévention. De ce fait nous avons un système de soins et non un système de santé. Malheureusement la prévention a un coût mais pas de résultat visible, alors que les drames sont plus facilement comptabilisés (et coûtent plus cher).

Il dit ‘changeons la loi’, chiche, on ne demande que cela.

Nous prenons donc attache avec l’un des intervenants, le Dr Isaac-Sibille, médecin et Député qui a l’air beaucoup plus branché ‘prévention’ et notamment allaitement pour lui parler du Centre Périnatal de l’Arbresle et plus généralement des difficultés que nous pouvons rencontrer en milieu péri-urbain et rural. Après l’échange avec le Dr Grall, il est maintenant clair que le maintien des lits d’hébergement au CPN de l’Arbresle dépendra d’un changement de cap politique. Nous ferons notre possible pour mener cette bataille, mais il va falloir que la population se batte aussi pour préserver cet outil précieux. Vous pouvez compter sur nous, nous comptons, et le personnel du CPN compte, sur vous.

En tout cas je remercie le Député Gassilloud d’avoir organisé ce temps de rencontre, c’était peut être un peu risqué par les temps qui courent mais, dans l’ensemble, les échanges ont été courtois et construits, même si une note de tension étaient bien audible à plusieurs reprises.  Ainsi qu’une grande frustration par rapport aux réponses ou non-réponses obtenues.

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